Dans la Forêt Profonde

Fiche technique
Nom originalV lesnoj chasche (В лесной чаще)
Dans la forêt profonde
OrigineRussie
Année de production1954
ProductionSoyuzmultfilm
Durée20 minutes
RéalisationAlexander Ivanov, Lev Pozdneyev
ScénariiVera Chaplina, Georgi Skrebitsky
AnimationDmitriy Belov, Tatiana Fedorova, Elizabeth Komova, Grigory Kozlov, Victor Likhachev, Vladimir Pekar, Igor Podgorsky, Lidia Reztsova, Faina Yepifanova
AdaptationLarry Parr pour Film Roman et Film by Jove
Direction artistiqueValentin Lalayants, Igor Znamensky
Direction du sonNikolai Prilutsky
DécorsDmitriy Anpilov, Vera Rodzhero, V. Valerianova
MontageValentina Ivanova
Direction photographieNikolai Vohinov
MusiquesNikolai Peiko
Diffusions
1ère diff. Cable/Sat/TNTsamedi 20 janvier 1996 (Canal J)
Editions
Sortie en VHS1995 (Citel)
2002 (Citel - Les trésors de l'animation)
Synopsis

Dans la forêt profonde chacun vaque à ses occupations, des abeilles butinant les fleurs aux écureuils faisant provisions de champignons, en passant par les oiseaux ornant leur nid et se nourrissant. Il en va de même pour les blaireaux dont les membres d'une famille, père et mère, creusent dans la terre des galeries tout en cherchant quelque nourriture. Leur jeune enfant prénommé Roro quant à lui préfère se prélasser au lit en quémandant son petit déjeuner et s'amuser au lieu de les aider et d'apprendre comment l'on creuse un terrier et comment l'on trouve des insectes pour se nourrir. C'est ainsi que tout en jouant avec un tubercule en guise de ballon, se répétant à lui-même et à qui veut l'entendre qu'il n'est pas un paresseux comme vient de lui dire son père, il s'éloigne de ses parents et finit par se perdre dans la forêt.

Quand Maman Blaireau et Papa Blaireau s'aperçoivent que leur enfant n'est plus dans les environs, ils décident de suite de partir à sa recherche. Mais le couple, en chemin, a senti la présence d'un loup qui les suit à la trace. Ils parviennent à le distancer en traversant une rivière et en jetant dans celle-ci le rondin de bois leur ayant permis de traverser le courant d'eau. Ils peuvent ainsi reprendre leur recherche sans danger. Quant à Roro, ne sachant plus où il se trouve, il ne sait que faire lorsqu'il entend au très loin la voix de sa mère qui l'appelle. A cause de la hauteur des arbres et de la nature généreuse qui l'entoure, il ne parvient pas à savoir de quelle direction provient cette voix qui lui est si chère (dans la version française québécoise reposant sur l'états-unienne, le petit blaireau tente de répondre à sa mère, en vain, l'épaisseur de la végétation empêchant son faible appel de parvenir jusqu'à elle alors que dans la version originale, le petit blaireau n'essaie même pas de l'appeler tellement il porte son attention sur la voix de sa mère pour essayer de trouver, alors qu'il est quelque peu étourdi à la vue des arbres géants qui l'entourent, d'où lui parvient celle-ci. De ce fait, la version originale souligne un peu plus la situation oppressante dans laquelle se trouve le jeune blaireau).

La nuit arrivant, Roro n'a pas retrouvé ses parents et se sent noyé dans une nature qui lui paraît hostile et par trop sombre, bien que baignée par la lumière de la Lune. S'apprêtant à se reposer au pied d'un arbre, il prend peur quand il entend un hibou parler à haute voix et quitte les lieux en courant un peu au hasard, ce pour finir par se réfugier sous la souche d'un autre arbre où se trouve déjà un petit animal – Poutsi le Petit Lapin – venant de faire de même. Prenant chacun peur de l'autre dans l'obscurité, ils s'enfuient tous deux pour revenir de suite sous la souche, une ombre planante et menaçante, celle du hibou les ayant repéré, leur ayant fait peur. Pendant ce temps, alors que la Lune décline, les parents de Roro sont encore dans la forêt : ils se séparent pour se donner un peu plus de chance pour retrouver leur enfant (à noter que la version française québécoise mentionne par erreur une chouette à la place du hibou, du moins est-ce Poutsi qui la nomme ainsi, lui qui par une taquinerie certaine appelle Roro : petite marmotte).


» Résumé complet


Commentaires

Le scénario du court-métrage d'animation Dans la forêt profonde fut signé par Vera Chaplina (1908-1994, célèbre écrivaine pour la jeunesse et naturaliste) et Georgi Skrebitsk (1903-1964, célèbre écrivain animalier et naturaliste), duo d'auteurs qui trois ans plus tôt, en 1951, avait fait de même ensemble pour le court-métrage Les Voyageurs de la forêt dirigé par Mstislav Pashchenko. Ces deux films d'animation dont ils signèrent le récit furent réalisés dans des tons narratifs et esthétiques relativement similaires, leurs sujets et les lieux exposés étant proches.
Quant au duo de réalisateurs à qui l'on doit Dans la forêt profonde – Alexander Ivanov (1899-1959, il fut un des acteurs de la naissance de l'animation soviétique en 1923, après la première période avec Ladislas Starewitch à partir de 1910) et Lev Pozdneyev (1909-?, animateur, directeur artistique et poète) –, ils réaliseront deux ans plus tard le court-métrage Lesnaya Istoriya (1956) avec une grande partie des artistes (surtout animateurs) qui officièrent sur Dans la forêt profonde et, à cet effet, cet autre ouvrage se déroule une nouvelle fois dans une forêt, ce avec un ours souffrant d'un mal de dent, et avec également entre autres un lapin, un blaireau, un loup et un renard comme Dans la forêt profonde, les décors étant toutefois en celui-ci plus naïfs. On notera aussi qu'en 1953, Alexander Ivanov entouré par une grande partie des artistes ayant donné forme au film Dans la forêt profonde réalisait avec une approche artistique similaire à ce dernier Krashenyj Lis (Le Renard couvert de peinture) d'après un conte d'Ivan Yakovlevich Franco (dont le thème du renard recouvert de peinture inspirant la peur aux autres animaux de la forêt se retrouve dans Le Renard et le Loup avec la scène de Commère la Renarde recouverte de pâte à pain).

Une fois de plus les artistes soviétiques s'en donnaient à cœur joie quant à la représentation de la nature, entre réalisme et romantisme pictural, offrant entre autres des eaux reflétant êtres et paysages qui les entourent, et montrant couleurs et teintes des arbres et de la végétation environnante changeant au coucher du Soleil, puis au lever de la Lune et au gré de sa luminosité changeante. Aussi, il y a en cet ouvrage du flamboiement dans toute cette verdoyance aux diverses variations. Comme souligné plus haut, la représentation de la nature y est sublimé de la même manière que dans Les Voyageurs de la forêt de Mstislav Pashchenko ou dans les travaux réalisés par Alexander Trussov pour les films de Leonid Amalrik et Vladimir Polkovnikov : Krepysh en 1950 ou Vysokaya Gorka en 1951.
L'histoire quelque peu moralisatrice, avec cet enfant blaireau qui de paresseux va devenir plus courageux à la suite de son aventure dans la forêt et de la peur qu'il y a connu, est certes quelque peu simple mais néanmoins efficace quant à son message auprès de la jeunesse. Le traitement des animaux, comme dans une majorité de films d'animation soviétiques d'alors, se veut dans une certaine mesure réaliste – en dehors évidemment de l'humanisation des personnages –, à la fois dans le comportement mais aussi dans leur environnement et cela grâce à de nombreux détails disposés ici et là (on peut pour exemple souligner la prudence de Poutsi lorsqu'il rencontre les parents de Roro, les blaireaux se nourrissant parfois de lapins). Ainsi, en cette aventure réalisée en 1954, première année du dégel après la mort de Staline l'année précédente, point de référence idéologique (comme son réalisateur Alexander Ivanov a pu en produire par le passé, notamment sur des ouvrages de propagande), le but premier de l'oeuvre évoqué ici étant d'offrir une merveilleuse escapade tout en jouant et traitant un peu de la psychologie enfantine, de plus au travers d'un petit blaireau des plus mignons comme son ami le lapin.
On notera aussi en ce court-métrage la courte apparition d'une renarde dont on retrouvera une identique représentation dans quelques autres courts-métrages tel et précédemment cité Le Renard et le Loup (1958) où officièrent quatre animateurs et l'un des directeurs artistiques de Dans la forêt profonde, à savoir Elizabeth Komova, Victor Likhachev, Vladimir Pekar et Igor Podgorsky ainsi que Igor Znamensky.

En 1954, en Tchécoslovaquie, ce court-métrage d'animation recevra le Prix du meilleur film d'animation pour enfants lors de la 8ème édition du festival international du film de Karlovy Vary. En cette même édition, le grand acteur français Charles Vanel fut récompensé du prix du meilleur acteur pour le film L’Affaire de Maurizius de Julien Duvivier avec Daniel Gélin (notons que pour le jeune public, Charles Vanel sera particulièrement connu pour le film Tintin et le Mystère de la Toison d'or et la série Sébastien et la Mary-Morgane).
La même année, comme Les Voyageurs de la forêt, le court-métrage Dans la forêt profonde fut édité en Union soviétique sous la forme d'une nouvelle illustrée, ce dans le 3ème volume de la collection « Fil'my-skazki : Stsenarii risovannykh fil'mov » (Les Films de Contes de fées : scénarios illustrés de films d'animation, 11 volumes, 1950-1979) aux éditions Goskinoizdat (volume 1 et 2) puis Iskusstvo (volume 3 à 11). Il fut ainsi proposé en un récit illustré avec en ce même volume Un match extraordinaire / Neobyknovennyj Match, La Petite Fleur Écarlate ou encore L'Antilope d'Or. Quelque cent quarante films d'animation furent ainsi rassemblés sur 2568 pages par Boris Voronov (1903-1986), rédacteur en chef du département scripts du studio Soïouzmoultfilm de 1956 à 1963.

Comme la plupart des films d'animation soviétiques diffusés sur Canal J entre 1992 et 1998 – en soirée le samedi de 20h00 à 21h00 puis rediffusés le lendemain matin – et distribués en cette même décennie en VHS (chez Citel) dans l'Hexagone, la version française de Dans la forêt profonde est québécoise et adaptée directement de la version états-unienne produite sous le titre In the Deep of the Forest par Phil Roman (Film Roman) et Oleg Vidov (Film by Jove), ce dans le cadre de la collection « Les Grands Classique de l'Animation » / « Animated Classic Showcase » (1993). A cet égard, comme nombre de films d'animation soviétiques étant passés par les mains de Roman et Vidov, Dans la forêt profonde a subi quelques modifications que l'on retrouve de fait dans la version française. Ainsi l'ensemble des pièces musicales composées par Nikolai Peiko (1916-1995, artiste inspiré par Dmitri Chostakovitch et compositeurs de nombreuses symphonies, concertos, sonates et autres pièces musicales) avec une orchestration offrant cette sensation de profondeur de la nature ont été remplacées par d'autres compositions moins élaborées et beaucoup plus légères en terme d'orchestration et manquant sensiblement d’expressivité. Le plus souvent, ces dernières n'expriment pas ce que l'on peut ressentir à l'écoute des compositions originales. De nombreuses scènes ont également été coupées, particulièrement au début du métrage, cumulant environ deux minutes d'animation en moins. Fort heureusement, depuis le début du 21ème siècle, l'ensemble des films d'animation du studio Soïouzmoultfilm qu'avait acquit Oleg Vidov à la fin des années 1980 s'en est retourné en Russie et, en 2001, Dans la forêt profonde a été restauré. A cet occasion le doublage d'origine russe a été remplacé par un nouveau qui n'a que peu été apprécié.
On notera encore que lors de sa diffusion sur Canal J le samedi 20 janvier 1996, entre 20h00 et 21h00 (espace dédié aux courts et moyens-métrages de diverses origines), ce court-métrage fut précédé par un autre ouvrage du studio Soïouzmoultfilm, à savoir Le Brave Petit Tailleur réalisé par les soeurs Brumberg, court-métrage qui accompagnait déjà Dans la forêt profonde sur la VHS publié par Citel en 1995 (comme pour l'édition états-unienne).

Enfin, il nous reste à trouver si ce film d'animation a connu une exploitation en salles en France lors de sa sortie en 1954 et de fait s'il existe une première version française...

Merci à markyoloup et à Sim pour l'identification des voix francophones.

Doublage
Voix françaises :
Flora BalzanoRoro, maman ours
Louise RémyMaman Blaireau
Benoit MarleauPapa Blaireau
Victor Désyle loup
Aline PinsonneaultPoutsi
Auteur : Captain Jack
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V lesnoj chasche © Soyuzmultfilm
Fiche publiée le 04 octobre 2020 - Dernière modification le 20 octobre 2020 - Lue 747 fois