Bino Fabule

Fiche technique
Nom originalBino Fabule
OrigineCanada, Belgique, France
Année de production1988
ProductionCiné-Groupe Montréal, S.A. "F3" Bruxelles, Cinémation Paris
Nombre d'épisodes88 minutes
Création des personnagesRéjeane Taillon conception des marionnettes, ...
RéalisationRéjeane Taillon direction générale, Robert Lombaerts prise de vue réelle, André Roussil animation
ProductionJacques Pettigrew Canada, Godefroid Courtmans Belgique, Manuel Otéro France
Conseiller artistiqueCo Hoedeman
ScénariiRéjeane Taillon, Jean-Pierre Liccioni
Production déléguéAndré A. Bélanger
AnimationNina May, Yves Lapointe, Suzie Synnott, Laflèche Dumais, Georges Mauro, Martine Chartrand, Alain Boisvert
TextesNicole Leriche dialogues
Direction artistiqueVianney Gauthier
Direction du sonJoe Yared
DécorsMarie-Sylvie Deveau, Lorraine Tanguay, François Isabelle, Lucie Fournier peintre scénique, Huguette Marquis, André Roussil dessins de l'espace
Conception / Rech. DécorsChristian Bénard
MontageAvdé Chiriaeff, Danièle Gagné
Direction photographieSylvain Labrosse animation, Yves Vandermeeren prise de vue réelle, ...
MusiquesOsvaldo Montes
Direction de doublageClaudine Chatel, Vincent Davy
Gén. VF interpreté parBetty Eljarat
 
» Staff étendu
Diffusions
1ère diffusion francophone1991 (Radio Québec - Ciné-Cadeau)
1ère diff. Cable/Sat/TNT29 janvier 1993 (Canal J)
Rediffusions3 février 1993 (Canal J)
Synopsis

Bino, astrophysicien et citoyen de la planète Karmagor – dans la Galaxie bleue –, tente de voler tel un oiseau dont il oberve rêveur le vol de plusieurs d'entre eux juste avant de s'élancer. Pour ce faire, il est équipé d'une combinaison et d'une drôle de machinerie sur le dos, relativement assez improbale pour une telle opération, cet équipement étant muni d'ailes semblant bien trop petites pour l'emporter dans les airs. Malheureusement, son expérience échoue comme les précédentes, et au lieu de s'élever, il s'étale de tout son long sur le sol. Mais, tout en se relevant, il aperçoit un étrange objet volant disparaissant dans l'épaisseur de la forêt. Il le suit et le retrouve rapidement, tout de cristaux composé, la chose ayant attéri au coeur de la végétation. Si son rêve de voyager de la sorte de planète en planète, et qu'il désire plus que tout, est remis à un prochain essai, sa peine fait alors place à la joie de cette mystérieuse découverte.

Ainsi, après ce nouvel échec, Bino rejoint son laboratoire qu'il partage avec son amie, une tortue prénommée Torticolis, elle-même astrophysicienne. Celle-ci lui demande alors si son vol s'est bien déroulé, ce par quoi il répond après réflexion que l'expérience est concluante. Sur ce, Bino montre à Torticolis se qu'il rapporte avec lui et qu'il désigne comme une météorite, mais pour l'heure, avant qu'il ne l'étudie, il doit se rendre de suite à une conférence en inter-planéto-similaire pour y exposer ses travaux.
Pendant son absence, Torticolis observe la météorite et, en la touchant, déclenche comme une sorte d'ouverture de sa structure, faisant apparaitre une petite créature de cristal dont la forme emprunte au croissant. Celle-ci se présente alors sous le nom de Clair-de-lune, anthropologue cosmique de la planète transparente Luminafix, voyageant dans son vaisseau de quartz – un minéral n'existant pas sur Karmagor – et examinant et classant en un dictionnaire encyclopédique toutes les espèces vivantes de l'Univers. Torticolis et Clair-de-lune font ainsi connaissance et conversent en toute amitié jusqu'à devenir de grandes amies, ce pendant que Bino s'exclame à la conférence dans la langue des sciences de sa planète (en un italien quelque peu farfelu), mais hélas pour lui sans grand succès.

De retour dans son laboratoire, Bino montre à Torticolis qu'il est tout aussi satisfait du résultat de la conférence que de son vol qui l'a précédé, alors que tout comme ce dernier, la réussite ne fut pas au rendez-vous ; cela n'entayant pas toutefois l'optimisme de l'astrophysicien. De son côté, alors que Bino vient de s'apercevoir que le météorite lui semble cassé, Torticolis lui apprend que ce n'est pas un météorite mais un quartzo-porteur, tel un vaisseau spatial, et lui présente son occupante, Clair-de-lune, précisant que cette dernière maitrise l'art du vol comme il en rêve depuis longtemps, son corps de cristal pouvant s'élever dans les airs sans aucun effort. Bino lui demande alors si elle peut lui apprendre à voler, mais Clair-de-lune lui répond qu'elle aimerait bien, mais que cela étant dans sa nature, comme un oiseau, elle ne sait pas comment elle pourrait lui transmettre un tel apprentissage. Bino l'a prend alors dans ses mains quelque peu brutalement, du moins sans trop se soucier de son geste, et la place sur un porte-échantillon de Cosmotron, l'ordinateur du laboratoire, ce dernier la bombardant alors d'un rayon laser pour une analyse complète de sa structure. Torticolis se met alors dans une grande colère contre son ami astrophysicien et lui ordonne d'arrêter se qu'il fait subir à Clair-de-lune, celle-ci souffrant terriblement du rayonnement. Bino penaud, la tortue retire elle-même Clair-de-lune du porte-échantillon de Cosmotron, Bino la laissant faire, quelque peu désolé. Torticolis est encore toute de colère à demi contenue car Clair-de-lune a perdu beaucoup de son énergie. Elle invective Bino, qui veut la réparer, que ce n'est pas une pièce de Cosmotron. Clair-de-lune reprend fort heureusement de sa luminosité peu après, et pour remercier Torticolis, elle lui offre un cristal de son quartzo-porteur tout en lui faisant ses adieux, reprenant sa place dans son vaisseau qui s'élève, brise une vitre du laboratoire, et s'envole pour l'espace. Bino, malgré sa mauvaise attitude sur laquelle il s'était pourtant excusé, promet qu'il retrouvera Clair-de-lune, quitte à la poursuivre dans toute la galaxie, pour la forcer à lui transmettre son secret pour voler ; et Torticolis, de lui dire qu'il fabule...

Un peu plus tard, grâce au radar de Cosmotron, Bino parvient à retrouver et à suivre Clair-de-lune alors qu'elle est entrée dans la Galaxie verte, mais le contact visuel ne dure pas, et il perd sa trace. Il l'a retrouve tout de même à nouveau, alors qu'elle parvient aux abords d'une autre galaxie, et tente de lui envoyer un message radio. Il commence par lui demander de répondre à son appel, mais celui-ci reste sans réponse ; alors, il s'impatiente et devient plus ferme dans sa demande. Torticolis le rappelle quelque peu à l'ordre afin qu'il modère son comportement. Puis, Bino et Torticolis l'aperçoivent encore dans la Galaxie rose, s'approchant de la planète Marmiton, la survolant puis s'en éloignant, sa longue course se terminant sous leurs yeux effrayés en étant percutée par une poêle-météorite pulvérisant de mille éclats de cristaux le quartzo-porteur. Torticolis, toute en pleurs, regarde la photo qu'elle a prise d'elle-même en compagnie de sa nouvelle amie qui vient de disparaitre sous ses yeux, pendant que Bino demande à Cosmotron de lui montrer les images de l'accident enregistrées par l'ordinateur, les visionnant en allant en arrière puis au ralenti. Il s'aperçoit alors que Clair-de-lune a été projetée au dehors du quarzo-porteur lors de ce terrible impact, et semble-t-il sans avoir été grièvement blessée...


» Résumé complet


Commentaires

Ce film, mêlant scènes en prise de vue réelle (tournées en Belgique) et animation en stop motion (produite au Québèc), fut conçu par une diversitié de talents artistiques telle la céramiste Réjeane Taillon (1948- ?), la peintre Lucie Fournier qui depuis a réalisé de nombreuses sculptures pour de célèbres productions cinématographiques, l'artiste multimédia Suzie Synnott, la peintre et céramiste Carole Bibeau (Bibo), le réalisateur et producteur de nombreux métrages, documentaires et entretiens Robert Lombaerts de la RTBF, ou encore le célèbre animateur de la stop motion Co Hoedeman (oeuvrant pour l'ONF depuis le milieu des années 60), ce dernier apportant en tant que conseiller artistique quelques observations et précieux conseils, l'ouvrage prenant forme sous les doigts d'animateurs alors peu expérimentés. De même, le comédien Pietro Pizzuti, qui depuis a fait une préstigieuse carrière théâtrale également en tant que dramaturge et metteur en scène, et le compositeur argentin Osvaldo Montes, qui signait là l'une de ses premières bandes originales pour une fiction, marquent ce long-métrage pour la jeunesse d'une identité particulière. Riche de cette multiplicité, la poétique du sujet est merveilleusement mise en image avec un soupçon de naiveté assumé, à la fois dans le propos et la forme, faisant de cet ouvrage un fabuleux conte de science-fiction pour enfant où la féérie se mêle aux grandes étendues de l'espace.

La québécoise Réjeane Taillon – prénom et nom orthographiés ainsi dans le générique du film, mais étant également notés en certaines sources Réjeanne Taillon (Bibliothèque et Archives Canada), Réjeanne Tailon (dans le livre The Advanced Art of Stop-Motion Animation de Kenneth A. Priebe, en 2010) ou encore R. Tailion (dans le magazine Télé Câble en 1993) –, dont ce fut semble-t-il le seul ou l'un des rares ouvrages de ce genre dans sa carrière en tant qu'auteur et réalisatrice, a conçu en partie, en pâte à modeler et quelques autres matières argileuses, divers êtres et objets animés de la planète Marmiton, et ce dans des atmosphères rappelant parfois les créations de George Pal. La forme de ses personnages et de leurs habitations s'inspiraient d'ustensiles ou d'articles culinaires, tel le palais de la reine en forme de grande thèière ou le personnage de Chopinette rappelant le pot à lait accompagnant ce service.

Techniquement et phographiquement, les deux univers en prise de vue réelle (pour la planète Karmagor) et en stop motion (pour la planète Marmiton) se marient à merveille, même s'ils sont très différents, le premier se présentant sous quelques formes anguleuses et le second étant composé d'êtres et d'habitations ayant la forme d'objets de cuisine creux et tout en rondeur.
Torticolis, la tortue, a quelque particularité allant justement de l'un à l'autre puisqu'elle évolue dans une grande partie du métrage dans l'univers en prise de vue réelle. Ainsi, nombre de plans où elle apparaît seule, la montre animée en stop motion, alors que quand elle partage l'écran avec Bino, c'est une animation en temps réel qui est effectuée sur sa personne. On notera également qu'elle apparaît sous deux formes, celle où sa tête et ses pattes sont à l'extérieur de sa carapace, et une autre où elle est à l'intérieur de celle-ci comme en une maison – voire un vaisseau spatial également – où elle joue parfois du piano et cogite sur son plan de travail, mais toujours avec une carapace sur le dos et ayant diminuée de taille, ceci créant une petite curiosité quant à sa constitution... A noter également que la fabrication des Torticolis animées en temps réel et réalisées en France fut le fruit de Didier Janssens (La Planète aux mille vents) qui les manipula également.

Concernant le thème de ce film portant sur une certaine réflexion sur la science et son utilisation, Bino et Potassium ont en commun, malgré leurs grandes connaissances scientifiques, une personnalité par trop irresponsable, faisant fi du résultat final de leurs expériences qu'ils mênent trop inconsidérément. De fait, même s'ils ne désirent nuir à personne, les choix qu'ils prennent le font pour eux-mêmes. C'est en quelque sorte une critique de la science sans conscience (dont on ne sait par ailleurs où se trouve les limites de celle-ci dans son ensemble). Ainsi, après avoir échappé à Bino qui voulait se servir d'elle pour apprendre à voler, Clair-de-lune se retrouve avec un Potassium tout aussi désireux de l'utiliser pour contrer la Grande Noirceur, les deux scientifiques ne pensant qu'au résultat final de leur démarche, et non aux conséquences dangereuses qui peuvent affecter Clair-de-lune.
On peut voir ainsi Torticolis comme la bonne conscience de Bino, celle-ci essayant toujours de tempérer ses idées pouvant causer quelque trouble. Clair-de-lune apporte quant à elle une dimension spirituelle, la matière dont elle est composée donnant la lumière au peuple de Marmiton lors de la Grande Noirceur. De plus, Clair-de-lune voyage dans une sorte de vaisseau uniquement fait de critaux rappelant quelque peu la sonde spatiale emportant le jeune Superman vers la Terre ou, dans un autre genre, les vaisseaux de lumière dans la série Battlestar Galactica, la symbolique restant la même.
Le scénario quant à lui conserve quelques zones d'ombres, laissant notamment le spectateur sans explication définitive concernant le phénomène mystérieux obscurssant le ciel marmitonnien. De fait, s'il est dit que la planète Marmiton a été surnommée la planète lente car elle ne fait en rotation qu'un tour sur elle-même par an, ce qui peut évidemment expliquer en partie la longue nuit s'abattant sur le royaume d'Alpha, cela ne nous apprend pas pourquoi les étoiles disparaissent. Cet élément inconnu donne à l'ouvrage un certain charme, car de l'univers des deux planètes qui y est présenté, on ne sait également que peu de chose, si ce n'est qu'il est bon de se laisser porter par une aventure où le principal réside au final dans les bons et chaleureux sentiments des personnages.

Sorti en 1988 sous la forme d'un long-métrage, après avoir été pensé et préparé à partir de 1985 (en préproduction en septembre 1986 et tourné en 1987) comme un projet de série télévisée (le temps également de persuader le producteur Jacques Pettigrew de financer un tel projet amené par des artistes qui n'avaient que peu de liens et d'expérience avec l'univers de l'animation en stop motion, si ce n'est Bill Maylone, d'où la participation de Co Hoedeman) cette oeuvre fut projetée sur grand écran lors de quelques manifestations, mais elle ne semble pas avoir connu une sortie officielle au cinéma, et tant bien même si celle-ci fut, le nombre d'entrées aura été faible. Trois ans plus tard, en 1991, l'ouvrage fut diffusé à la télévision québécoise sous la forme du long-métrage, mais aussi sous celle de 3 épisodes de quelques 28 minutes chacun, voire de 4 épisodes de 22 à 24 minutes, et fut récompensée à cette occasion du Prix Gémaux. Puis, en 1993, le petit million de téléspectateurs français de Canal J à découvert cette charmante création en une seule projection rediffusée quelques jours plus tard. A cet égard, sur le programme du magazine Télé Câble, il est écrit Bino Fabulé avec un accent, et non Bino Fabule, comme si le Fabulé faisait parti de son nom alors que dans le film, Torticolis n'utilise ce mot que sous sa forme verbale conjuguée et non comme nom de Bino. Aussi dans le générique de début, il est juste écrit « dans le rôle de Bino : Pietro Pizzuti ». Toutefois, le synopsis de Bibliothèque et Archives Canada nomme le personnage en tant que Bino Fabule.

Doublage
Voix françaises :
Violette ChauveauClair-de-lune
Elizabeth LesieurTorticolis
Madeleine Arsenaultla reine Alpha
Jean FontainePot-Pourri
Benoit DagenaisPotassium
Roseline HoffmanChopinette
Ronald Francele capitaine Potaflou, le Potosaure
Mireille Thibaultla cantatrice Apothéose
Marie-Chantal LabellePetite Chopinette
Claudine ChatelFlûte
Christine OlivierPetite fille
Daniel LesourdTambour
Johanne LeveilléCloche
Acteurs & Actrices
Pietro PizzutiBino
Auteur : Captain Jack
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Bino Fabule © Ciné-Groupe J.P. Inc, S.A. ''F3'', Cinémation
Fiche publiée le 02 février 2014 - Dernière modification le 06 décembre 2015 - Lue 3121 fois