Fiche technique
| Nom original | Yonayona Penguin (よなよなペンギン) |
| Origine | Japon, France |
| Année de production | 2009 |
| Production | Madhouse, Denis Friedman Productions |
| Animation | Madhouse, Def2shoot, Imagimax |
| Durée | 84 min |
| Auteur | Rintarô, Sumiko Hayashi |
| Réalisation | Rintarô |
| Production | Denis Friedman, Jungo Maruta |
| Scénarii | Tomoko Konparu, Dominique Lavigne |
| Story-boards | Rintarô, Frédéric Bertin |
| Effets Spéciaux | Julien Chateau, Kevin Kergoat |
| Chara-Design | Katsuya Terada, Laurent Cluzel, Cédric Babouche |
| Direction de l'animation | Tsuneo Maeda, Drifa Benseghir |
| Direction artistique | Cédric Babouche |
| Décors | Mihoko Magôri, Jonathan Sylvestre, Florian Bestel, Paul Mager |
| Musiques | Toshiyuki Honda |
| Direction de doublage | Anne Giraud |
Diffusions
| Arrivée en France (cinéma) | 3 février 2010 |
Synopsis
Vêtue du costume de pingouin offert par son défunt papa, Yona adore se balader le soir dans les rues de son village tout en nourrissant le souhait de pouvoir s’envoler grâce à son déguisement. Sa vie solitaire est perturbée par l’arrivée d’un étrange jouet doté de la parole qui conduit aussitôt la fillette au Grand Bazar Pingouin, au cœur d’un parc d’attractions abandonné. Là-bas, le jouet prend la forme d’une petite créature du nom de Chaley et emmène Yona dans son pays, le village des Gobelins. Les habitants accueillent la fillette à bras ouverts, voyant en elle le légendaire « oiseau-sans-aile » qui libèrera les Gobelins du joug de l’infâme Buccaboo, l’empereur des ténèbres. Confrontée à Zammie, le bras droit de Buccaboo qui sème la pagaille aves ses complices diablotins, Yona va tout faire pour aider ses nouveaux amis… et peut-être parvenir à s’envoler comme son papa lui avait dit quand elle était petite.
Commentaires
Après la réalisation du long-métrage Metropolis, Rintarô collabore aux storyboards de plusieurs séries du studio Madhouse (Paranoia Agent, Enfer & Paradis et Paradise Kiss) tout en songeant au développement d’un nouveau projet pour le cinéma. L’envie de nouvelles expérimentations – inaugurées par le mélange d’animation 2D et 3D opéré sur Metropolis – le conduit à vouloir faire un long-métrage entièrement en images de synthèse. Son idée est alors non pas de concurrencer Pixar mais d’explorer les possibilités techniques de la 3D en termes de mouvements (de personnages et de caméra) avec une sensibilité proche de l’animation 2D. C’est au cours de l’année 2005 qu’il commence à élaborer une histoire avec en tête l’image d’une petite fille en costume de pingouin ; les autres personnages tout comme l’univers du récit prennent forme au fil de l’écriture. Alors que le développement arrive à un stade bien avancé, le producteur de Kaena, la prophétie, Denis Freidman, est de passage au studio Madhouse et découvre le projet qui s’avère être en recherche d’un coproducteur étranger en raison de l’augmentation des coûts induits par l’animation 3D ; l’intéressé accepte et présente le storyboard de Rintarô à Wild Bunch Distribution qui se chargera des ventes internationales du film.
Un budget de 10,2 millions d’euros est réuni et Cédric Babouche est désigné comme directeur artistique. Durant deux ans et demi, le réalisateur du court-métrage multi-récompensé Imago (2005) se retrouve à la tête d’une équipe de plus de 80 personnes sur une production partagée entre les studios Madhouse au Japon, Def2shoot en France et Imagimax en Thaïlande, en prenant en charge la réalisation de près de 45 minutes du film. D’abord espérée pour le mois de septembre 2008, la sortie du film est repoussée à l’année suivante ; le report est dû aux difficultés techniques qu’ont à faire face les différents membres de l’équipe, entre les animateurs japonais qui débutent dans le domaine de la 3D et les français qui doivent retravailler l’animation des personnages de façon peu conventionnelle pour y restituer les saccades propres à la 2D.
Initialement prévu pour le mois d’octobre 2009 par le distributeur Gebeka Films, Yona Yona Penguin finit par sortir dans les salles françaises en février 2010 avec un titre raccourci en Yona avant de devenir Yona, la Légende de l’oiseau-sans-aile.
Destiné principalement à un jeune public, le film s’appuie sur un schéma classique : celui de l’enfant rêveur qui bascule dans un monde fantaisiste prétexte à un voyage initiatique. Pour Yona, il est question de reprendre confiance en ses propres capacités, à travers le fait de voler avec son costume de pingouin – sur la base d’une histoire racontée par son défunt papa. Si le thème psychologique de l’imaginaire pour mieux appréhender le réel est traité avec subtilité, celui-ci risque de passer au-dessus de la tête des jeunes spectateurs qui seront surtout plus sensibles au côté attendrissant de Yona et Chaley et à leur confrontation avec Zammie ; ce dernier incarne un méchant trop peu assuré dans son rôle pour être réellement mauvais et évite ainsi le manichéisme facile. De plus, les thématiques habituelles de l’amitié et du dépassement de soi prennent place dans un univers à base d’imagerie chrétienne, de contes de fées et de mythes japonais. Il en résulte un mélange unique rendu d’autant plus fascinant par les quelques zones d’ombres qui parsèment le scénario, ce qui hisse Yona, la Légende de l’oiseau-sans-aile au-dessus du simple film pour enfants.
Toutefois, entre l’imagerie trop ésotérique pour les enfants et le ton candide du récit que les adultes prendraient pour de la mièvrerie, le film a du mal à se positionner et ce mélange singulier sera la principale raison de son accueil mitigé. Grand oublié de l’œuvre de Rintarô, Yona, la Légende de l’oiseau-sans-aile constitue une curiosité japonaise en animation 3D qui contient suffisamment de charme et de cœur pour être redécouverte.
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