Fiche technique
| Nom original | Ashita no Joe (あしたのジョー) |
| Les lendemains de Joe |
| Origine | Japon |
| Année de production | 1970-1971 |
| Production | Mushi Productions, Fuji TV |
| Nombre d'épisodes | 79 épisodes |
| Auteur manga | Ikki Kajiwara, Tetsuya Chiba |
| Réalisation | Osamu Dezaki |
| Production | Atsushi Tomioka, Tatsuo Ikeuchi, Tadayoshi Watanabe, Kôji Bessho |
| Scénarii | Shun'Ichi Yukimuro, Tadaaki Yamazaki, Tsunehisa Itô, Kiyoshi Miyata, Masao Maruyama, Seiji Matsuoka, Tatsuo Tamura, Haruya Yamazaki |
| Chara-Design | Akio Sugino |
| Direction artistique | Sadakazu Akashi |
| Montage | Noriyoshi Matsûra |
| Direction photographie | Kôji Kumagai |
| Musiques | Masao Yagi |
| Gén. VO interpreté par | Isao Bitô (OP), Asao Koike (ED 1), Yûki Hide (ED 2) |
| Développement | Masao Maruyama |
| | » Staff étendu |
Synopsis
Joe Yabuki est un jeune homme rebelle et sans-abri vivant dans les quartiers pauvres de Tokyo. Un jour, il rencontre Danpei Tange, un ancien boxeur qui reconnaît immédiatement le talent naturel de Joe pour le combat et essaie de l'entraîner en tant que boxeur professionnel.
Joe refuse initialement de prendre la boxe au sérieux, mais après avoir été envoyé dans un centre de détention pour mineurs avec son ami Nishii, il rencontre Toru Rikiishi, un boxeur talentueux et discipliné qui devient son plus grand adversaire. Leur rivalité pousse Joe à prendre la boxe au sérieux, et après sa sortie de détention, il commence à s'entraîner sérieusement avec Danpei.
Joe finit par entrer dans le monde de la boxe professionnelle, où il se forge une réputation pour son style de combat agressif et sa détermination. La carrière de Joe le met également en contact avec Yoko Shiraki, la femme riche et influente qui dirige le Shiraki Boxing Gym où s'entraine Rikiishi. Contrairement à Joe, Yoko vient d'un milieu social privilégié, mais elle porte un intérêt certain à son talent et à sa personnalité hors du commun.
La rivalité rivalité avec Rikiishi devient de plus en plus importante, culminant dans un grand combat entre eux. Rikiishi gagne, mais l'effort extrême qu'il fournit pour atteindre la catégorie de poids de Joe endommage gravement sa santé, et il meurt peu après le match.
La mort de Rikiishi affecte profondément Joe. Luttant contre la culpabilité et le chagrin, Joe perd temporairement son chemin. Yoko est également profondément affectée par la mort de Rikiishi et prend de plus en plus conscience du danger qui entoure la carrière de Joe. Finalement, cependant, il retourne à la boxe, portant avec lui la mémoire de Rikiishi. De son côté, Yoko aide à promouvoir sa carrière tout en devenant de plus en plus préoccupée par son attitude imprudente envers la boxe. Sa relation avec Joe est compliquée : elle admire sa détermination, mais elle comprend aussi le côté destructeur de son obsession.
Joe continue à affronter des adversaires de plus en plus difficiles et devient un combattant plus mature et expérimenté. Cependant, la série se termine abruptement, sans conclure complètement l'histoire de Joe…
Commentaires
Ashita no Joe est l'adaptation d'un manga dessiné par Tetsuya Chiba sur un scénario de Ikki Kajiwara (qui a utilisé le pseudonyme de Asao Takamori sur cette œuvre). Il a été prépublié dans le magazine Weekly Shônen Magazine entre janvier 1968 et mai 1973 et a été compilé en vingt tomes. La version française a été éditée en intégralité dans une édition de treize volumes par Glénat.
La série, diffusée entre 1970 et 1971 et portée par le duo Osamu Dezaki (réalisation) et Akio Sugino (character design), porte le poids de ses années. Elle est visuellement rudimentaire alors que pourtant à l'époque elle apportait une nouvelle esthétique aux animes japonais avec un design visuel plus réaliste, influencé par le gekiga (style de manga qui cible un public d'adultes). Toutefois, cette rudesse visuelle correspond bien au monde pauvre et brutal dans lequel évoluent les personnages. Historiquement, la série est très importante car elle a contribué à établir les codes visuels et dramatiques des animes sportifs pour des décennies. D'ailleurs, elle est bien plus qu’un simple anime de boxe. Elle utilise le sport pour traiter des thèmes sociétaux comme la pauvreté, la classe sociale, la masculinité, l’amitié, la dignité et surtout la recherche d’un sens à l’existence.
Joe Yabuki est un héros atypique pour son époque : violent, arrogant, méfiant et sans véritable ambition au début de l’histoire. Contrairement aux héros sportifs traditionnels, il ne possède pas de rêve qu’il chercherait à accomplir. Il doit d’abord trouver une raison de s’investir dans quelque chose. La boxe devient progressivement cette raison. Danpei Tange, son entraîneur, joue alors un rôle presque paternel : il est le premier à croire en la possibilité d’un avenir pour Joe et tente de transformer son instinct destructeur en discipline.
Le milieu pauvre dans lequel évolue Joe est essentiel. Les habitants du quartier où vivent Joe et Danpei représentent une population marginalisée, pour laquelle la boxe peut constituer une échappatoire sociale. Mais elle est aussi un monde brutal où les corps deviennent des instruments de survie et de reconnaissance. La série entretient donc une ambiguïté fondamentale : la boxe peut sauver Joe autant qu’elle peut le détruire.
Cette contradiction est particulièrement visible dans sa relation avec Toru Rikiishi. Leur rivalité dépasse largement la compétition sportive. Rikiishi est le premier adversaire capable de véritablement résister à Joe et devient à la fois son ennemi, son modèle et celui qui donne un sens à sa progression. Leur relation repose sur une forme de haine mêlée d’admiration. Rikiishi paiera de sa vie son obsession à affronter Joe à cause de l’extrémité des efforts fournis pour rester dans la même catégorie de poids que son rival.
La mort de Rikiishi (qui a énormément touché les lecteurs du manga de l'époque au point qu'ils lui ont organisé de véritables funérailles) constitue ainsi un tournant majeur : Joe ne peut plus considérer la boxe comme un simple moyen de gagner. Elle devient une manière de donner un sens au sacrifice de son rival et se transforme pour lui aussi en obsession funeste.
C’est là que la série devient progressivement une tragédie. Joe se bat parce que le combat lui donne le sentiment d’être vivant. Sa plus grande qualité — son refus de reculer — devient également son principal danger. Le contre-croisé symbolise parfaitement cette contradiction : Joe accepte de subir des dégâts pour pouvoir porter un coup décisif. Sa force et son autodestruction viennent donc de la même source. Mais lorsque son corps commence à s’user, une question fondamentale apparaît : que reste-t-il de Joe si la boxe disparaît ?
La mise en scène d’Osamu Dezaki - qui signait ici sa toute première réalisation d'anime - joue un rôle majeur dans cette puissance dramatique. Gros plans, compositions inhabituelles, silences, images fixes, éclairages et montage stylisé transforment les contraintes de l’animation télévisée en véritable langage cinématographique. La série n’a pas besoin d’une animation constamment fluide pour rendre les combats intenses : le son, le montage, les cadrages et les expressions des personnages donnent aux coups une impression de violence et de poids physique.
L’anime de 1970-1971 ne couvre pas toute l’histoire du manga et diverge notamment dans sa dernière partie en incluant du matériel original à l'anime. Ce n'est donc pas une adaptation complète de l’œuvre originale. En effet, la série a commencé à être diffusée en avril 1970, peu de temps après la mort de Toru Rikiishi dans le manga. La série a rapidement rattrapé celui-ci, notamment parce que Tetsuya Chiba avait pris une pause dans la sérialisation du manga car il était malade. Par conséquent, l'anime s'est terminé sur le le match de Joe contre Carlos Rivera. On ne verra pas Joe affronter son ultime rival, José Mendoza, qui apparaît toutefois dans l'épisode 77.
En 1980, la fin du manga sera adapté dans une seconde série, Ashita no Joe 2, qui a été très partiellement à la télévision en France et qui a ensuite été intégralement proposée en DVD. La série reprend l'histoire à partir de la mort de Rikiishi, en zappant la partie où Joe se produit dans des matchs locaux minables, et propose un matériel scénaristique inédit au bout d'une dizaine d'épisodes.
La même année où cette seconde série a été produite, un film résumant la première série (jusqu'à l'épisode 52) en 153 minutes a été projeté dans les cinémas japonais. Un second film sera ensuite produit à la fin de la seconde série afin de résumer celle-ci.
En 2018, à l'occasion du 50e anniversaire du manga sort la série d'animation Megalo Box qui est un hommage à Ashita no Joe.
Ashita no Joe a ainsi posé une grande partie des bases de l’anime sportif moderne : le héros marginal, le mentor, le rival essentiel, l’entraînement comme transformation psychologique et le sport comme métaphore de l’existence. Mais contrairement à beaucoup de ses héritiers, la série refuse de présenter les efforts, le talent ou la victoire comme des garanties de bonheur. On ne suit donc pas l’histoire d’un boxeur qui veut devenir champion mais celle d’un jeune homme perdu qui découvre enfin quelque chose auquel il peut croire. La tragédie vient du fait que cette passion lui donne une raison de vivre tout en risquant de le détruire. C’est précisément cette contradiction — entre accomplissement et autodestruction, désir de liberté et obsession, vie intense et sacrifice — qui explique pourquoi Ashita no Joe reste, plus de cinquante ans après sa diffusion, une œuvre majeure de l’animation japonaise.
Liste des épisodes
01. Are ga yajû no me! (Ce sont les yeux de la bête !)
02. Shikakui jungle ni ikiro (La vie dans une jungle carrée)
03. Ke mono yo kiba wo muke (Montre tes crocs de bête !)
04. Atsuki kobushi ni namida wo nagase (Laisse tes larmes couler dans ton poing brûlant !)
05. Ashita no tame ni sono 1 (Pour demain ! -Partie 1-)
06. Moero hidari jab (Brûle ! Coup de poing du gauche !)
07. Ôkami wo sabaku na! (Ne jugez pas le loup !)
08. Tôkô tokutô shônen in (L'école spéciale de formation pour mineurs de Toko)
09. Yatsu no na wa Rikiishi Tôru! (Son nom est Tôru Rikiishi !)
10. Akai yûhi ni hoero (Hurle au coucher de soleil rouge !)
11. Jigoku no soko de moero (Brûle au plus profond de l'enfer !)
12. Moeru taiyô ni sakebe (Crie au soleil brûlant)
13. Shukumei no ring ni tate (Debout sur le ring du destin)
14. KO-gong wa mada ka! (Pas encore le gong du KO !)
15. Shiroi matto no komori uta (La berceuse sur le tapis blanc)
16. Uragiri no rakujitsu (Le coucher de soleil de la trahison)
17. Arashi no naka ni ichi nin (Seul dans la tempête)
18. Kanashiki ring rope (Les cordes du ring triste)
19. Kyôfu no rebaa buroo (Coup effrayant dans le foie)
20. Kizu darake no shôri (Une victoire douloureuse)
21. Eikô aru chiisana shôbu (Une glorieuse petite bataille)
22. Maboroshi no Rikiishi Tôru (Le fantôme de Tôru Rikiishi)
23. Abayo shônen in (L'école de formation pour mineurs d'Abayo)
24. Kaette ki ta doya gai (Retour dans le quartier insalubre)
25. Norainu no okite (La loi des chiens errants)
26. Zetsubô no license (La licence du désespoir)
27. Ashita ni kakeru hashi (Un pont vers demain)
28. Eikô e no kake (Pari sur la gloire)
29. Ashita e no chôsen (Défi pour demain)
30. Shiren no present (Protestation contre l'épreuve)
31. Tobe pro-boxeur (Envole-toi, boxeur professionnel)
32. Kagayaku ring e no michi (La route vers un ring brillant)
33. Hatsu shôri banzai (Première victoire, Banzaï)
34. Boxeur shigan (Le boxeur en herbe)
35. Ganbare! Nishi (Fonce ! Nishi)
36. Kiba wo mui ta Wolf Kanagushi (Le loup montrant ses crocs)
37. Ikari no daitokkun (Grande leçon de colère)
38. Shijô saidai no 6 kaisen (Le plus grand sixième tour de l'histoire)
39. Shôri no triple cross (La triple croix de victoire)
40. Hakugin ni chikau (Le serment sur la neige)
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41. Rikiishi Tôru no chôsen (Le défi de Tôru Rikiishi)
42. Otoko no sekai (Le monde des hommes)
43. Zankoku naru genryoô (Une perte de poids brutale)
44. Kutô! Rikiishi Tôru (Lutte ! Tôru Rikiishii)
45. Datô! Ryoku seki e no sway-back (Renversement ! Vaincre Rikiishi)
46. Shi wo kake ta otoko (Un homme qui a risqué sa vie)
47. Arashi no mae no futari (Les deux avant la tempête)
48. Shukumei no taiketsu (Une confrontation fatidique)
49. Hateshinaki shitô (Une lutte sans fin jusqu'à la mort)
50. Tatakai no owari (La fin du combat)
51. Moetsuki ta inochi (Une vie qui s'est consumée)
52. Saraba Rikiishi Tôru (Adieu Tôru Rikiishi)
53. Nikui an chikushô (Cette brute que je déteste)
54. Kanashimi no jûten kane (Les dix cloches de la tristesse)
55. Sasurai no blood (Une ballade errante)
56. Yomigaetta ?kami (Le loup ressuscité)
57. Kizutsuita yajû (Une bête blessée)
58. Shôri no body buroo (Coup victorieux avec son corps)
59. Shinobiyoru kuroi kage (Une ombre noire rampante)
60. Gekitô no super ring (Un combat féroce)
61. Nage rare ta taoru (La serviette est jetée)
62. Iki te i ta Rikiishi Tôru (Tôru Rikiishi était vivant)
63. Saigo no chôsen (Le défi final)
64. Kaa rosu no tôjô (Carlos apparaît)
65. Ring aru kagiri (Tant qu'il y aura le ring)
66. Ashita e no tabidachi (Départ pour demain)
67. Chiisana bôken ryokô (Un petit voyage d'aventure)
68. Shikuma re ta yaochô (Matchs truqués organisés)
69. Bokujô no komori uta (La berceuse du ranch)
70. Ki ni naru aitsu (Ce gars qui m'intrigue)
71. Mukan no teiô kaa rosu (L'empereur Carlos sans couronne)
72. Kaere kagayaku ring e (Retour sur le ring brillant)
73. Yomigaeru cross-counter (Le contre-croisé ressuscité)
74. Kyô kara shuppatsu (À partir d'aujourd'hui)
75. Ring no majutsu shi kaa rosu (Carlos, le magicien du ring)
76. Moeru chôsen jô (Un défi brûlant)
77. Otoko no tatakai (Le combat de l'homme)
78. Shitô kaa rosu tai yabuki take (Combat à mort !! Carlos contre Joe Yabuki)
79. Moero tôku kagayakeru ashita yo!! (Brûle, lendemain qui brille au loin !!) |
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