Playmobil : le film

Diffusions
Arrivée en France (cinéma)9 août 2019
Editions
Sortie en DVD / Blu-ray7 décembre 2019 (Pathé Vidéo)
Synopsis

Marla, 18 ans, s’apprête à annoncer à sa famille son désir de voyager, ayant déjà fait faire son passeport en ce sens. Le soir venu, la police sonne à la porte pour annoncer à la jeune fille le décès de ses parents dans un accident. Désormais responsable de son petit frère Charlie, Marla doit renoncer à ses rêves de voyage.
Quatre années passent et les relations se dégradent entre le petit frère qui ne retrouve plus leur complicité passée et la grande sœur devenue surprotectrice et désenchantée. Un soir lors d’une dispute, Charlie s’enfuit de la maison pour rejoindre un ami ; sur sa route, il est attiré par une exposition de jouets où l’on achève les derniers préparatifs. À l’aide de son téléphone portable, Marla retrouve la trace de son frère au beau milieu d’une exposition Playmobil. Le petit garçon reconnaît dans l’installation les histoires que lui et sa sœur avaient l’habitude de jouer dans le passé et aperçoit un emplacement libre pour la figurine de viking qu’il emporte toujours avec lui. Au moment où Charlie dépose son jouet à cet endroit, les Playmobil se mettent à voler dans la pièce et un rayon venu d’un phare miniature emporte Marla et son frère dans cet autre monde : Marla se retrouve transformée en jeune femme Playmobil tandis que Charlie a l’apparence de sa figurine de viking barbu et tatoué. Aussitôt plongé au cœur d’une bataille, le jeune garçon découvre qu’il dispose d’une force extraordinaire, ce qui attire l’attention d’une bande de pirates au service de l’empereur Maximus, un être démoniaque qui enlève les plus vaillants guerriers de tous les horizons pour les envoyer combattre dans son arène.
Lorsque Marla assiste au kidnapping de son frère, celle-ci va devoir traverser les différents mondes des Playmobil pour le sauver… mais aussi renouer avec elle-même.

Commentaires

En 2014, la marque de jouets Playmobil fête ses 40 ans d’existence ; l’événement est célébré en France avec une importante exposition au Musée du Jouet à Moirans-en-Montagne ainsi que la diffusion de la série animée Super 4 durant l’été sur France 3. Créée à l’initiative du producteur Aton Soumache, grand fan des jouets, cette création 3D transpose les figurines Playmobil dans des univers mêlant fantaisie, science-fiction, aventure et humour. Durant les 3 ans de production qu’aura nécessité la série, l’idée de développer toute une franchise avec un long-métrage à la clé est très vite envisagée, bien avant la sortie en salles de La Grande Aventure Lego de Phil Lord et Chris Miller qui allait redéfinir l’adaptation cinématographique de jouets. Les critiques globalement positives de Super 4 vont rapidement conforter les responsables d’ON Animation Studios (Aton Soumache, Dimitri Rassam et Alexis Vonarb) dans cette orientation et une première annonce est faite en novembre 2014 pour une sortie prévue fin 2017 avec le scénariste Bob Persichetti en tant que réalisateur.

Durant toute l’année 2015, Persichetti va s’atteler à l’écriture du traitement et du script ; Dimitri Rassam annonce à la rentrée que le film, prévu pour mi-2018, sera le premier volet d’une trilogie doté d’un budget total de 75 millions de dollars avec pour titre Playmobil : Robbers, Thieves & Rebels. Au mois de décembre, Sony Pictures est intéressé par le projet et souhaite acheter le script mais la firme ne parvient pas à trouver d’accord avec ON. À l’issue de ce partenariat avorté, le réalisateur se voit proposer de travailler sur le long-métrage Spider-Man New Generation. Attiré par l’orientation scénaristique et artistique du nouvel opus de l’homme-araignée, Persichetti décide de rejoindre Sony. ON Animation acquiert définitivement les droits de la licence Playmobil en janvier 2016 et le 9 février, Lino DiSalvo est officiellement nommé réalisateur après avoir écrit un nouveau traitement jugé convaincant.

Les initiateurs du projet souhaitent avant tout mettre l’accent sur l’esprit de la marque basé sur le jeu de rôle et le pouvoir de l’imagination. Fort de son expérience au sein des studios Disney comme directeur d’animation (Volt, Star malgré lui, Raiponce, La Reine des Neiges), DiSalvo envisage dans un premier temps une histoire de type conte de fées avec en guise d’introduction un livre qui s’ouvre, comme à l’époque des grands classiques de la firme. Ce choix fut finalement rejeté car apportant un manque de chair par rapport aux objectifs visés, aussi les scénaristes se mettent d’accord pour créer un contraste avec l’univers dépeint à travers un prologue et une conclusion filmés en live-action et l’idée de la jeune fille transformée en Playmobil pour retrouver son petit frère disparu arrive rapidement.
Au mois de mai, DiSalvo part à Los Angeles et consacre les 15 mois suivants à pas moins de cinq animatiques différents avec une dizaine de personnes entourées d’innombrables sets de figurines Playmobil pour imaginer l’histoire, tout en interviewant plus de 200 fans de la marque à travers le monde pour saisir l’essence même des jouets. Le développement du film se transforme en une session de jeu permanente, suscitant chez l’équipe le désir de mêler en un seul mouvement divers genres cinématographiques (western, SF, espionnage, péplum…), chacun ayant une direction artistique propre en termes d’ambiance et de mise en scène.

Opposé à l’esprit caustique qui caractérise l’essentiel des productions animées (dont La Grande Aventure Lego qui vise davantage les adolescents et les adultes), DiSalvo entend s’inscrire dans un registre plus traditionnel en gardant à l’esprit les productions Amblin des années 1980 (E.T. l’Extra-Terrestre en tête) et bien évidemment le label Disney. Les fameux numéros musicaux des dessins animés de la firme ayant été à l’origine de sa vocation d’animateur, le réalisateur parvient à convaincre les producteurs de la nécessité d’inclure des passages chantés dans le film pour renforcer l’émotion. Il fait appel à Anna Preven (parolière pour Beyoncé, Miley Cyrus, Katy Perry, Demi Lovato et bien d’autres stars) qui écrira 6 chansons auprès du compositeur Heitor Pereira.

L’animation du film est effectuée à Montréal par une équipe réunissant près de 300 personnes. Outre l’important travail de la lumière et de la composition en fonction des univers traversés, tout en veillant à conserver une unité de style, les animateurs doivent faire face à un défi concernant les personnages ; il s’agit de retranscrire la morphologie iconique des figurines tout en restituant le regard de l’enfant tel qu’il les imagine au moment de jouer, d’où certaines libertés prises. Ainsi, la rigidité caractéristique des membres des Playmobil est exploitée le temps d’un gag (Marla découvrant son nouveau corps et ayant des difficultés à se déplacer) avant d’être écartée par un peu plus de liberté de mouvement pour donner davantage de vie aux personnages. De même, si le caractère lisse de l’image de synthèse s’accorde avec l’aspect plastique des jouets concernant la peau et les cheveux, des textures de vêtements ont été utilisées pour les habits afin de leur conférer un aspect plus organique et tactile. Les animations faciales furent également une gageure pour l’équipe car consistant en de l’animation 2D plaquée sur une tête en 3D lisse, sans aucun des repères faciaux habituels comme le nez ou les pommettes. Néanmoins, l’alchimie entre contraintes et liberté plastique fonctionne et restitue bien la nature des Playmobil.

En juin 2018, DiSalvo tourne les segments live du film pendant que l’animation est présentée en work-in-progress au Festival d’Annecy. Mais avant de se retrouver en ouverture du Festival de l’année suivante, suivie de sa sortie en salles françaises le 9 août, Playmobil, le film aura connu un véritable parcours du combattant concernant sa distribution, notamment du côté des États-Unis. Lorsque le projet était encore entre les mains de Bob Persichetti, les droits de distribution américains avait été acquis par Cross Creek Pictures au Marché du Film de Toronto avant d’être récupérés le 12 mai 2016 par Open Road Films pour des raisons non communiquées. Le 1er juin, la firme ainsi que les producteurs Dimitri Rassam et Moritz Borman sont poursuivis en justice par The Weinstein Company qui affirme être prioritaire sur les droits ; au tribunal, la société sera rapidement déboutée de son action car si celle-ci avait fait une offre à ON Entertainment le 30 mars, aucun accord n’avait été officiellement signé en raison d’un problème de liquidités du côté de Weinstein. La sortie du film, alors renommé Playmobil : The Missing Piece, est programmée pour le 18 janvier 2019.
Mais un coup de théâtre survient au cours du mois d’août 2018 avec la faillite d’Open Road ; le film se retrouve sans distributeur américain, la compagnie Lionsgate se dit intéressée mais rien ne se concrétise et la diffusion du premier trailer le 13 décembre ne semble pas changer la donne. Il faut attendre le 5 avril 2019 avant que la société STX ne se porte acquéreur pour les États-Unis ; financièrement au plus mal suite à l’échec de leur précédent film d’animation Uglydolls qui avait été développé en interne, la compagnie dans l’accord signé avec ON touche une commission initiale et un pourcentage sur le box-office en échange d’un nombre élevé de salles (2337 écrans), le tout pour une sortie fixée au 30 août.
Et puis, trois semaines avant la date fatidique, dans un ultime remaniement de catalogue, le distributeur repousse le film au 6 décembre avec une campagne promotionnelle assez faible, des opérations de promotion (notamment un prix de vente du ticket plus bas qu’à l’accoutumée), mais aussi une concurrence plus féroce avec La Reine des Neiges 2 des studios Disney.

Entretemps, le film de Lino DiSalvo aura donc été présenté le 10 juin en ouverture du Festival d’Annecy, conjointement avec une aventure en réalité virtuelle appelée Playmobil Ready Player Dance : ce choix sera néanmoins contesté par une bonne partie des festivaliers et nombre d’entre eux quitteront la salle durant la projection. Les critiques ne seront pas tendres et le film ne recueillera en France que 2,6 millions de dollars, bien loin des 11,5 millions qu’avait engrangé Le Petit Prince (2015), le précédent succès du studio ; l’Allemagne, pays qui a vu naître les fameux jouets, fera encore moins bien avec 1,7 million. Et aux États-Unis, le film connaîtra le pire week-end de démarrage pour une production animée depuis le tristement célèbre Delgo en 2008 avec seulement 656.530 dollars pour un total de seulement 1,1 million sur le continent nord-américain.

À la fin de son exploitation cinéma, Playmobil, le film du haut de son budget total de 110 millions de dollars (marketing compris) n’en aura rapporté que 15,4 millions. Malgré ce cinglant échec commercial, les pré-achats du film à travers le monde ont été suffisants pour éviter à ON d’être trop financièrement impacté, de même que la société STX grâce à son contrat de diffusion.

Malgré son concept au fort potentiel et sa direction artistique réussie, Playmobil, le film ne parvient pas à sublimer ses idées et échoue en matière d’émotion, la faute à un récit très balisé sans véritable réflexion sur la notion de jeu et d’héroïsme, où les univers se succèdent plus qu’ils ne s’entremêlent véritablement, des dialogues peu originaux où l’humour peine à décoller et des chansons peu mémorables. Le prologue en prises de vues directes laisse déjà craindre le pire : à la photographie saturée dégoulinante de couleurs s’ajoute une interprétation des jeunes acteurs peu convaincante et pas du tout aidée par la version française. S’ensuit une chanson sur les vertus du voyage aux paroles tristement génériques avant l’annonce de la mort des parents qui arrive froidement. La partie animée rattrape le tout avec sa technique assurée et même des effets de mise en scène bien trouvés comme lorsque Charlie et ses compagnons d’infortune, enchâssés dans un long carcan, doivent fuir à travers la ville de Constantinopolis.

Mais la plus grande surprise du film vient de son casting de célébrités françaises : Kad Merad est touchant dans le rôle de Del, le comparse mi-loser mi-roublard de Marla ; Franck Dubosc qui interprète le sur-compétent et charismatique agent secret Rex Dasher avait tout pour basculer dans la balourdise et offre à l’arrivée une prestation parfaitement maîtrisée. Une mention spéciale revient à Jérôme Commandeur qui joue avec délectation le mégalo et théâtral Maximus au point de rendre sa chanson Je donne au peuple ce qu’il veut assez réjouissante à écouter.

Si Playmobil, le film constitue dans l’ensemble un honnête divertissement pour les plus jeunes, il reste malheureusement trop consensuel dans son écriture pour faire valoir l’essence même des jouets qu’il prétend promouvoir, surtout au regard des importants moyens dont il a bénéficié.

Doublage
Voix françaises (Studio Dubbing Brothers) :
Margaux MailletMarla
Maleaume PaquinCharlie
Kad MeradDel
Franck DuboscRex Dasher
Jérôme Commandeurl’empereur Maximus
Olivier ConstantinCaptain Bloodbones
Jenifer Bartolila Bonne Fée
Arnaud LeonardSven
Virginie Emanela policière
 
» Cast étendu
Acteurs & Actrices
Anya Taylor-JoyMarla
Gabriel BatemanCharlie
Auteur : Klaark
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Playmobil the Movie © Lino DiSalvo / ON Animation Studios, Morgen Studios, DMG Entertainnment
Fiche publiée le 04 décembre 2020 - Lue 717 fois