Les Trois Mages du Cosmos

Fiche technique
Nom originalA Cosmic Christmas
Un Noël cosmique
OrigineCanada
Année de production1977
ProductionNelvana, Canadian broadcasting corporation
Durée23 minutes (VF), 25 minutes (VO)
AuteurPatrick Loubert
RéalisationClive A. Smith
ProductionMichael Hirsh, Patrick Loubert
ScénariiIda Nelson, Laura Paull
Direction de la productionDeirdre Newman
Production déléguéJeffrey Kirsch
AnimationCharles Bonifacio, Robin Budd, John Laurence Collins, John Halfpenny, Willard Kitchen, Vivien Ludlow, Frank Nissen, Wendy Perdue, Linda Roy (2), Peter Sauder, Bill Speers, Ken Stephenson, David Thrasher
Direction de l'animationFrank Nissen
DécorsOlena Kassian, Louis Krawagna, Lynn Reist
LayoutFrank Nissen
MontagePaul Quigley
MusiquesSylvia Tyson
Diffusions
1ère diffusion francophonedécembre 1980 (Radio Canada CBFT)
1ère diff. Cable/Sat/TNTdécembre 1992 (Canal J)
Rediffusions24 décembre 1981 (Radio Canada CBFT)
14, 21 et 24 décembre 1983 (Premier Choix)
7 juillet 1986 et 4 décembre 1986 (Super Écran)
24 décembre 1998 (Télétoon Canada)
décembre 1999 (Télétoon Canada)
Synopsis

Pierre, un jeune garçon et son amie Lucie, une oie, se promènent dans les rues de la ville en fin d'après-midi, jour de veille de Noël. C'est alors que, dans l'effervescence de la foule et de la lumière attractive des boutiques illuminées – dont celle de monsieur Bibo –, Pierre aperçoit une étrange lumière dans le ciel. Encore sous le coup de la surprise, il accoste le shériff qui se trouve tout près de lui pour l'avertir de cette mystérieuse présence dans les cieux, mais l'homme de loi trop occupé à mettre une contravention prend les propos de l'enfant à la légère, pensant que celui-ci a été ébloui par une guirlande ou quelque autre élément de décoration surplombant la rue. Il en est de même de Polo, un adolescent qui, avec sa bande, se moque pleinement de Pierre.

Peu après avoir pris la fuite face à Polo et ses amis qui tentèrent d'attraper Lucie, le soir approchant et toujours accompagné par son oie marchant à ses côtés, Pierre quitte la ville pour retrouver son foyer (où l'attendent ses parents et sa grand-mère pour le réveillon de Noël). Mais sur le chemin du retour, en pleine forêt recouverte de neige, il est à nouveau témoin de l'apparition de l'étrange lumière dans le ciel, celle-ci s'approchant alors de la clairière où il se trouve et atterrissant à quelques pas devant lui. A cet instant, l'éclatante luminosité s'estompant de l'objet céleste laisse apparaitre une sphère sombre d'où émergent à sa base trois êtres à l'apparence de Sages : ceux-ci ont pour mission d'éclaircir le mystère qui se cache derrière une étoile qu'ils ont découvert lorsqu'elle est apparue de par tout l'univers, il y a près de deux mille ans dans ce secteur de l'espace, et qui a disparu peu de temps après qu'elle a manifesté sa présence sous divers cieux. Pierre, qui dans un premier temps était quelque peu inquiet face à cette rencontre du troisième type, a rapidement conversé avec le trio leur apprenant que l'étoile qu'ils tentaient d'identifier tout en s'interrogeant sur la signification de sa courte apparition était sans nul doute l'étoile de Bethléem, celle-ci ayant marqué la naissance du Christ et par la même l'esprit de Noël qui en a découlé.

Désireux de comprendre cet esprit de Noël enfanté en quelque sorte par l'étoile de Bethléem et celui qu'elle désignait, les visiteurs tels des Mages se laissent guider par le jeune enfant, Pierre tentant de leur montrer en ville, avec discrétion, cet esprit fait de partage et d'amour, mais sans y parvenir. En effet, ils sont témoins de scènes peu en résonance avec cet état. De plus, à ce moment-là, le bruit court dans la commune que certaines personnes ont aperçu un OVNI atterrir près de l'agglomération, Jean Bibo pensant que c'est une opération destinée à faire de la concurrence à son commerce, et le maire et le shériff se décidant, faute de suppléants en congé et après avoir reçu plusieurs appels téléphoniques témoignant de cela, à enquêter eux-mêmes sur cet atterrissage.

Quelque peu déçu par le comportement des habitants de la ville, Pierre invite alors les Trois Mages chez lui. Ses parents et sa grand-mère, tout en décorant le salon de la maison, attendaient le retour de l'enfant avec une certaine impatience, cette dernière ayant été accentuée lorsqu'ils eurent connaissance de la rumeur qui se faisait entendre au sujet d'extraterrestres ayant été signalés dans les alentours. Ils sont de fait quelque peu surpris quand Pierre leur présente le trio, les Mages les rassurant de suite de leur venue sur la Terre en annonçant leur bonne intention.

Pour tenter encore d'expliquer ce qu'est Noël aux Trois Mages, Pierre demande à sa grand-mère de leur raconter ses Noëls d'autrefois. Aussi tout en évoquant ses souvenirs issues d'une époque où cette fête n'était pas exploitée commercialement avec force et où chacun concevait ses propres décorations, les images de ce passé et de ces ornements prennent forme sous l'impulsion cérébral de l'un des Mages et se révèlent aux yeux émerveillés de la maisonnée. Mais, hélas, le merveilleux mirage est subitement interrompu par les cris de Lucie qui se trouve à ce moment-là dehors avec le petit robot volant de forme ovoïde des Trois Mages (l'oie s'est liée d'une certaine amitié avec lui depuis le début de leur rencontre).


» Résumé complet


Commentaires

Ce court-métrage est la première grande production d'animation du studio canadien Nelvana fondé en 1971 par l'anglais Clive A. Smith (réalisateur ayant fait ses débuts en Angleterre en 1964 au studio londonien Halas and Batchelor et participant ensuite à la série d'animation consacrée aux Beatles ainsi qu'au filmYellow Submarine), Michael Hirsh et Patrick Loubert, ces trois artistes étant respectivement à la direction de cette œuvre pour le premier et producteurs de celle-ci pour les deux suivants. Cet ouvrage précédait le court-métrage produit par Nelvana et le trio précité pour Halloween en 1978, à savoir Le Diable et la souris / The Devil and Daniel Mouse où apparait pour la première fois le logo du studio à la toute fin du générique de fermeture. Un an plus tard encore, lesdits artistes transposaient également la fête de Thanksgiving dans ce même domaine de la science-fiction dans le court-métrage Intergalactic Thanksgiving or Please Don't Eat the Planet.

Conçu pour la télévision canadienne CBC, Les Trois Mages du Cosmos fut évidemment de par son sujet programmé pour la période des fêtes de la fin de l'année 1977 (le 4 décembre) et c'est de même lors des vacances de Noël qu'il a été également diffusé de nombreuses fois au Québec à partir de 1980, cette version française arrivant en France pour la première fois (semble-t-il) en décembre 1992 sur Canal J.
Hélas, cette dite version française a été amputée de deux courtes scènes de quelques 50 secondes chacune. Ces deux passages, tout comme l'ensemble du court-métrage, ne comportent rien de choquant – le premier montrant, accompagné de son amie Lucie, le jeune Pierre heureux et chantant sur le chemin de sa demeure, et le second où l'on découvre dans leur repère de voyous (lors de la visite en ville de Pierre avec les Trois Mages), Polo et sa bande faisant le projet de faire de Lucie leur repas –, et l'on peut alors s'interroger sur le pourquoi de ces courtes coupes n'induisant aucune forme de violence particulière ou autre élément pouvant être considéré comme perturbant pour les plus jeunes téléspectateurs, même si Lucie verse quelques larmes de tristesse quand elle entend les propos culinaires de Polo.

Pour une œuvre destinée à la jeunesse et de surcroit avec pour sujet l'évocation de Noël, l'ouvrage présente un aspect néanmoins particulier, voire étrange, au regard de la production télévisée d'alors en Amérique du Nord, tant dans sa forme que le fond, du moins en certaines perspectives et c'est en partie ce qui fait son originalité. On peut ainsi souligner un léger traitement de l'histoire mettant en relief le milieu social dans lequel se trouvent quelques personnages (Polo et ses amis) vivant dans une certaine pauvreté par rapport à cette fête qui est aussi, au-delà de ce qu'elle représente, celle de l'argent. A cet égard l'une des premières images du court-métrage présente une caisse enregistreuse donnant de sa sonorité mécanique pour débuter cette aventure (telle l'ouverture de « Money » dans l'album The Dark Side of the Moon de Pink Floyd trois ans plus tôt), et il est également montrer très rapidement une surexcitation nerveuse des clients dans les magasins, frénésie proche de la folie.
De même, le graphisme empreint d'une certaine forme de caricature puisait quelque peu dans l'esthétisme d'un Ralph Bakshi. Cet aspect sera encore un peu plus prononcé dans le court-métrage suivant Le Diable et la souris / The Devil and Daniel Mouse où, sans s'en rendre compte, en signant un contrat douteux autant que son impresario nommé B. L. Zebub, une souris vend son âme au diable pour devenir une superstar de « pop music ». Adaptant la nouvelle « The Devil and Daniel Webster » (1936) de Stephen Vincent Benét (le poète et romancier s'inspirait de la nouvelle « The Devil and Tom Walker » de Washington Irving qui lui s'inspirait de la légende de Faust), l'ouvrage s'approchant dans l'esprit à l'univers touchant à Métal Hurlant était accompagné par des compositions et des interprétations de John Sebastian, Laurel Runn alias Valerie Carter et le Reggie Knighton Band et où folk et rock se mêlaient agréablement à l'image. Le studio renouvellera cette expérience musicale avec le long-métrage Rock & Rule dont le thème et la forme sont relativement similaires, le court-métrage ayant été en quelque sorte la genèse du long, et avec également de célèbres artistes de la scène musicale : Cheap Trick, Lou Reed, Iggy Pop, Debbie Harry du groupe Blondie et Maurice White de Earth, Wind and Fire. Entre temps, Clive A. Smith et ses collaborateurs du studio Nelvana produisirent le court-métrage Intergalactic Thanksgiving or Please Don't Eat the Planet qui lui aussi était accompagné de quelques chansons signées par John Sebastian et interprétées par le John Hall Band.
On notera encore que cette présence musicale était déjà de mise dans le court-métrage évoqué ici, la chanteuse, guitariste et compositrice de folk et de country canadienne Sylvia Tyson y interprétant deux douces et légères ballades de sa composition (agréablement reprises par une interprète québécoise dans la version française).

Les Trois Mages du Cosmos, s'il est un court-métrage léger au traitement basique, malgré toutefois les sujets qu'il évoque avec une petite dose de subtilité (comme pour l'argent et la pauvreté ou confronté à cela la recherche d'un certain sens du bonheur), offre à voir, au sein de son animation soignée, des scènes à la fois simples mais non dénuées d'un certain esthétisme et d'une mise en scène jouant sur des effets de concordance. On soulignera ainsi que Pierre aperçoit d'abord l'étrange lumière dans le ciel dans le reflet étincelant que cette lumière pose sur l'étoile de Bethléem décorant la crèche que le jeune garçon contemple à travers la vitrine de la boutique de monsieur Bibo. De même, on peut remarquer que les Mages du Cosmos, à l'image des Rois Mages rencontrant l'enfant Jésus, font aussi connaissance avec un enfant prénommé Pierre (Peter en VO), ce prénom étant celui d'un disciple de Jésus de Nazareth, l'un des Douze Apôtres.
A propos de l'animation encore et plus particulièrement des illustrations des personnages, on remarquera que si Pierre a cinq doigts à chaque main (comme les trois autres membres de sa famille : son père, sa mère et sa grand-mère), certains autres personnages humains en ont seulement quatre comme Polo et le shériff, quoi que ce dernier en a ensuite cinq dans la seconde partie du métrage puis à nouveau quatre à la fin. Plus logiquement de par leur nature extraterrestre, les Trois Mages ont eux aussi quatre doigts à chaque main. Si pour ces derniers donc, cela est normal, on peut s'interroger sur cet aspect de leur anatomie pour Polo et le shériff.

Une autre œuvre d'animation canadienne ayant pour sujet Noël offrira en 1985 une création tout aussi singulière, et ce toujours au travers de la science-fiction, avec le court-métrage George and the Christmas Star de Gerald Potterton. Superviseur sur Métal Hurlant), ce dernier a été également animateur sur le Yellow Submarine de George Dunning comme Clive A. Smith (et tout comme lui il a travaillé pour Halas and Batchelor). On soulignera que Gerald Potterton avait déjà réalisé en 1963, et ce avec l'ONF, le troisième segment du court-métrage Caprice de Noël où il donnait déjà en celui-ci une première forme à George et son désir d'accrocher à la cime de son sapin une véritable étoile de Noël au lieu d'une décoration de papier.
Cet ouvrage souligne également ce qu'est ou devrait être naturellement le véritable esprit de Noël au-delà de ses images imposées, à savoir amour et amitié partagés, George découvrant ceux-ci lorsqu'il part à la quête de l'étoile qu'il a aperçu en scrutant les cieux avec son télescope (cet astre plus brillant que les autres évoque l'étoile de Bethléem). Comme les premiers courts-métrages du studio Nelvana, cette œuvre était également musicale, le célèbre Paul Anka y interprétant deux chansons.

En 1977, deux semaines auparavant aux États-Unis, venait de sortir au cinéma Rencontre du troisième type de Steven Spielberg montrant des extraterrestres bienveillant face à l'humanité comme les Trois Mages du cosmos, ceux-ci et leur rencontre avec Pierre et sa famille rappelant également un traitement relativement proche de celui que l'on pouvait voir en certaines oeuvres de science-fiction dans les années 1950/60 comme le cultissime Le Jour où la Terre s’arrêta de Robert Wise.
Lier ainsi des êtres venus d'une autre planète à des personnages d'essence divine de par leur lien qu'ils entretinrent avec le Christ peut paraître surprenant, mais cela rappelle toutefois que nombre de manifestations découlant de croyances religieuses se sont dessinées au travers des étoiles couvrant la voute céleste, et de fait dans le sujet évoqué ici celle annonçant la venue du Messie avec l'étoile de Bethléem. A propos de messie et de croyance, six mois plus tôt sortait au cinéma Star Wars de George Lucas. Ce dernier justement apprécia suffisamment l'ouvrage du studio Nelvana qu'il demanda à ses responsables de créer la fameuse séquence d'animation The Faitfull Wookie (pour le spécial et catastrophique Au Temps de la Guerre des Étoiles / Star Wars Holiday Special) que réalisera Clive A. Smith, l'association Lucas / Nelvana se poursuivant alors sur quelques autres productions...

Doublage
Voix françaises :
Flora BalzanoPierre
Auteur : Captain Jack
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A Cosmic Christmas © Patrick Loubert / Nelvana, Canadian broadcasting corporation
Fiche publiée le 25 décembre 2018 - Lue 882 fois