La Flûte à Six Schtroumpfs

Fiche technique
Nom originalLa Flûte à Six Schtroumpfs
OrigineBelgique
Année de production1975
ProductionBelvision
Durée1h10
AuteurPeyo
RéalisationPeyo, José Dutillieu
ScénariiPeyo, Yvan Delporte
Direction de la productionJosé Dutillieu
AnimationNic Broca, Marcel Colbrant, Louis-Michel Carpentier, Brigitta Jansson, Bjorn Frank Jensen, Per Ulvar Lygum, Borge Ring, Claude Monfort, Christiane Segers, Emmy Borremans, Jean-Pol Chapelle, John Van Der Linden, Christine Schotte, Jean-Claude De Ridder, Godelieve Zeghers
Direction de l'animationEddie Lateste
Direction artistiquePaulette Smets-Melloul
DécorsMichel Leloup, Michel Matagne, Maddy Grogniet
MusiquesMichel Legrand
Direction de doublageSerge Nadaud
Diffusions
Arrivée en France (cinéma)16 décembre 1976
1ère diffusion hertzienne(?)
1ère diffusion francophone23 décembre 1981 (Radio Québec - Ciné-Cadeau)
1ère diff. Cable/Sat/TNT8 novembre 1998 (Télétoon)
Rediffusions25 décembre 1982 (Radio Québec - Ciné-Cadeau)
1er février 2004 au 25 décembre 2007 (Télétoon)
29 décembre 2008 (M6)
8 juillet 2014 (Gulli)
Editions
Sortie en VHSAnnées 90 (Hachette Video)
2000 (Citel)
Sortie en DVD16 octobre 2008 (TF1 Vidéo)
Synopsis

Toujours prêt à mettre son "talent" au service de la musique, Pirlouit met la main sur une flûte à six trous au pouvoir étrange : quiconque entend sa mélodie se met à danser jusqu'à l'épuisement. L'ignoble Torchesac a vent de la chose et s'empare de la flûte dans le but de détrousser les riches citoyens.
Ne pouvant lutter face au pouvoir de l'instrument, Johan et Pirlouit demande conseil à l'enchanteur Omnibus. Celui-ci les envoie au pays des Schtroumpfs pour leur demander de construire une deuxième flûte afin combattre les effets de la première.

Commentaires

Le 23 octobre 1958 marque la première apparition des Schtroumpfs dans les pages de Spirou Magazine au sein d’une aventure de Johan et Pirlouit, La Flûte à Six Trous (qui suite à cela sera renommée La Flûte à Six Schtroumpfs). Alors que les petits lutins bleus étaient destinés à n’être que de simples personnages secondaires, l’engouement qu’ils vont susciter auprès des lecteurs va amener leur auteur Peyo à les exploiter en mini-récits à partir de 1959 ; dès lors, le succès ne cessera de grandir, entre planches de BD et produits dérivés, obligeant le dessinateur à fonder son propre studio pour gérer cette nouvelle industrie en plus de ses différentes séries chez Dupuis (Johan et Pirlouit, Benoît Brisefer, Poussy) et pour le journal Le Soir (Jacky et Célestin).

En 1973, le producteur du studio Belvision José Dutillieu rencontre Peyo à la Foire du Livre de Bruxelles et lui fait part de son désir d’adapter les Schtroumpfs à l’écran. Les personnages avaient déjà eu droit durant les années 60 à une première série de courts-métrages chez les studios TVA Dupuis mais n’avaient trouvé que peu de grâce aux yeux de Peyo ; ces films rudimentaires, réalisés par Eddy Ryssack, étaient conçus en noir et blanc et avec la technique du papier découpé par phases, à la manière de ce que fera plus tard René Laloux avec La Planète Sauvage). Mais avec sa réputation établie en matière d’adaptations animées de bandes dessinées pour le cinéma, Belvision apparaît très vite pour le dessinateur comme la structure capable de respecter au mieux son œuvre.

Toutefois, deux obstacles majeurs se dressent face à ce projet. D’une part, le studio est dirigé par Raymond Leblanc, éditeur du Journal Tintin et principal concurrent de Charles Dupuis ; d’autre part, en cette année 1973, les finances de Belvision sont au plus bas en raison de la coproduction chaotique des Voyages de Gulliver de Peter Hunt, ambitieux projet mêlant animation et prises de vues directes qui fut miné par des soucis techniques, une gestion de budget catastrophique et de nombreux errements administratifs. Peyo et Dutillieu parviendront malgré cela à faire signer un contrat entre les deux rivaux de toujours, Dupuis amenant l’essentiel des fonds nécessaires, Belvision se concentrant sur la réalisation. Le producteur suggère à Peyo d’adapter La Flûte à Six Schtroumpfs là où d’autres personnes lui conseillent de créer un scénario inédit ; l’auteur choisira la première option, y voyant là une occasion de renouer avec Johan et Pirlouit qui ont toujours été ses personnages préférés et que le succès des Schtroumpfs avait éclipsé au fil des années.

Très vite, Peyo s’attelle au story-board et commence par développer la première scène pour mieux réintroduire les personnages dans l’esprit des spectateurs ; en effet, 5 ans séparent les récits Le Pays Maudit (1962) et Le Sortilège de Maltrochu (1967) qui lui-même connut une interruption de plus d’un an durant sa pré-publication chez Spirou et les aventures du duo ne se sont plus poursuivies depuis. L’apparition de Torchesac est écourtée pour des questions de rythme et les Schtroumpfs sont davantage mis en valeur en laissant paraître ici et là quelques-unes des personnalités développées dans leurs propres albums. Afin de garantir le succès du film, Dutillieu décide de faire appel à un musicien de renom, en l'occurrence Michel Legrand pour qui ce sera la toute première expérience en matière d'animation : ce dernier compose les musiques et les chansons sur les suggestions de Peyo tandis qu’Yvan Delporte se charge d’écrire les paroles.

Du côté du doublage, on retrouve un William Coryn en début de carrière dans le rôle de Johan, l’acteur comique Michel Modo pour Pirlouit ainsi que Michel Élias pour le Grand Schtroumpf – rôle qu’il reprendra des années plus tard dans le jeu vidéo Le Téléportaschtroumpf (1995) sur PC. Parmi les comédiens envisagés mais non retenus se trouvent notamment Roger Carel et Francis Lax qui finiront par donner de la voix dans l’univers de Peyo à travers la série télévisée Les Schtroumpfs produite par Hanna-Barbera dans les années 80.
Par le biais d’une série d’articles intitulée Le roman d’un dessin animé, les lecteurs de Spirou ont pu suivre les différentes étapes de la réalisation que Peyo supervisa durant deux ans et le film sort en salles au mois de décembre 1976. Ce sera un joli succès en salles malgré des critiques assez mitigées. Si le résultat renvoie parfaitement la balle à son homologue de papier avec une histoire toujours aussi drôle et entraînante, des décors réussis et une bande-son soignée, en revanche l’animation manque cruellement d’ampleur, ce que Peyo regrettera plus tard. La Flûte à Six Schtroumpfs n’en reste pas moins une belle réalisation de Belvision qui a su conserver un certain charme désuet. Néanmoins, le studio en tant que prestataire ne bénéficiera pas du succès du film et vivra principalement de films de commande et de séries télé durant une longue période ; il faudra attendre l’année 2014 avec Astérix : Le Domaine des Dieux pour que Belvision revienne dans le giron du long-métrage.

Afin de profiter du succès de la série télé (ainsi que celle de Johan & Pirlouit lancée entretemps sur les exigences de Peyo), le distributeur Stuart R. Ross achète les droits d’exploitation du film pour les États-Unis et le sort en salles en 1983 : les critiques seront globalement négatives mais le public répondra présent et en fera un succès honorable pour une production non-disneyenne.

En 2008, le film sort chez nous en DVD pour marquer le 50e anniversaire des Schtroumpfs. Si le travail de restauration de l’image est correct, certains détails gâchent toutefois l’édition : le générique d’ouverture passe d’un fond noir à un fond marron dans lequel le Grand Schtroumpf subit une animation étrangement saccadée tandis que les répliques de certains Schtroumpfs sont supprimées ou recouvertes par la musique de ce même générique qui remplace le thème musical d’origine lors de la scène précédant la découverte du village. En parallèle de la sortie DVD est également publié un album limité à 50 000 exemplaires appelé Les Schtroumpfeurs de Flûte qui raconte l’origine de l’instrument.

Doublage
Voix françaises :
William CorynJohan
Michel ModoPirlouit
Georges PradezLe roi
Ginette GarcinDame Barbe
Albert MédinaTorchesac
Jacques DynamMortaille
Henri CrémieuxHomnibus
Jacques RuisseauSchtroumpf #1
Roger CrouzetSchtroumpf #2
Michel EliasGrand Schtroumpf
Jacques MarinSchtroumpf A-La-Fête
Jacques CironLe visiteur
Georges AtlasSénéchal
Jacques BalutinLe buveur
Angelo BardiLe marchand
Henri LabussièreLe pêcheur
Serge NadaudLe garde, le sourd, Olivier, l'argentier
Auteur : Klaark
Sources :
Le Dernier Schtroumpf à Paris, Fantasmagorie n° 6, 1976
Hugues Dayez, Peyo l’Enchanteur, Niffle, 2003
Daniel Couvreur, Belvision, le Hollywood européen du dessin animé, Le Lombard, 2013
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La Flûte à Six Schtroumpfs © Peyo / Belvision
Fiche publiée le 06 novembre 2007 - Dernière modification le 30 novembre 2017 - Lue 16801 fois